TRACES


Contexte
Un mi-temps de vie, 40 ans au début de ce travail, 50 aujourd’hui. Un texte court qui apparaît par fraction dans ou sous les états. Ce texte écrit le 23 mars 2015, face au premier état, n’a pas été et n‘est pas modifiable.
Le voici :
Premier cycle – printemps 2015
Le temps marque encore un peu plus de son empreinte mon visage mes mains mes yeux et le ressac des saisons efface toujours un peu plus les souvenirs des jours passés.
Le temps use la surface des choses – sur le sable de ma mémoire – et rien de ce que je pensais gravé n’y résistera vraiment ! Tout au plus quelques traces çà et là…
Second cycle – été 2016
Mes yeux comme mes mains s’alourdissent, mes traits se durcissent quand la lumière se fait rare ; mon cœur s’épanche, lui qui a du mal à distinguer dans la pénombre. C’est dans la demi-teinte que je vais m’inscrire pour rechercher le confort des ombres et plonger dans l’absolu des Matières-Noires, si subtiles.
Troisième cycle – automne 2025 Je creuse bien au-delà de la surface, je l’oublie, j’entre en matière et trouve un nouvel espace plus profond plus noir. Tout est alors bercé par des lumières nouvelles extrêmement puissantes, arrivant d’une autre époque.















Intentions
Interroger la représentation de la figure par un autoportrait au fil de quatre saisons par une série de gravures sur cuivre en écho au travail réalisé en 1999 – voir ci-dessous
Forme
Un seul cuivre (de réemploi, dos de plaque) 35×50 cm
Quatre saisons = quatre années
Imprimé : printemps 2015, été 2016, automne 2025
A venir : hiver 2026
Cinq états par saison
Cinq tirages de chaque état
Et puis
« … beaucoup de laisser-faire, d’improvisations, celle du peintre devant sa toile, celle du poète devant les saisons qu’il sait passées, de la connaissance, l’histoire de mon métier de graveur, la maîtrise de la technique bien entendu, gammes répétées au service du sensible, puis le plus lourd : l’histoire des Hommes, notre humanité projetée ici face à vous, contée à nouveau, mais selon mon humble centre. En un millimètre d’épaisseur une plaque de cuivre porte en elle, porte sur moi, plus de cinq cents ans d’histoire dont je me sens responsable. Alors faire figure après Dürer, Rembrandt, Music, Bacon, Le Broquis… Il ne s’agit pour moi, ni du pourquoi, ni du comment, figure de style publicitaire, puisque c’est une nécessité. Femmes et Hommes debout sous tous les temps, j’ai touché le monde de mes mains, j’ai bâti, fais naître, vu mourir et donné la mort… Je me sens maintenant juste de figurer une carte du monde dont mes yeux plantés face à vous parlent de notre ancestrale humanité. Je vous livre ici, simplement, sans préjugés ni amertume, une part de moi et je pense à mes enfants, à tous les Enfants que je ne connaitrais pas, je veux faire figure de notre commune humanité, simplement avec mes mains encore et encore. »
Laurent Nicolaï, janvier 2026


En dessin
Série de dessins réalisés entre le 17 et le 26 septembre 2006











Autoportrait 1999
Gravure sur cuivre à partir d’une matrice unique, 30×40 cm






